Le pari est désormais double : représenter la rue tout en la dépassant. Toujours habité par cette rage qui fait tenir sa plume depuis le début, Alibi Montana fait preuve sur Inspiration guerrière d'une ouverture qu'on ne lui connaissait pas. S'il ne renie pas l'illicite dans lequel il a baigné, il célèbre aussi l'honnêteté de ceux qui se lèvent à 7h pour nourrir une famille. Aux phases hardcores du single coup de poing « Street Fight » ou de « Ghetto Rap » répondent ici les rimes claires de « J'ai vu » ou d'un « Hymne du travail » lucide (« Y'a pas de sous métiers / Y'a que des hommes et des femmes qui ont du mérite, en vérité »). Il regarde toujours le monde depuis sa banlieue mais ne laisse désormais personne de côté, convoque travailleurs et dealers, mecs de quartiers ou bourgeois et chronique la vie, la vraie, telle qu'elle se vit en France et ailleurs. S'il a finalement peu à prouver sur le terrain guerrier qu'il occupe depuis dix ans, le challenge est ici, lorsqu'en face d'un rap martial sa plume se risque sur des terrains sensibles souvent délaissés par le rap français. Sur « Loin des yeux, loin du coeur », une forme d'auto-fiction inspirée de sa vie, il échange avec Diams des rimes poignantes, dressant le portrait complexe d'un couple brisé, séparé par les barreaux d'une cellule. La vie des siens, côté sombre.
C'est ici que le rappeur réussit son pari, amenant le rap de rue au plus haut. Sortant le rap de son ghetto, il reste parfaitement connecté à ses racines. Epaulé par des invités prestigieux comme Diams, Sinik ou Lord Kossity, trois acteurs majeurs du rap français, il ne délaisse d'ailleurs pas ses anciens collègues de Menace Records qu'il invite également. Mise en sons par Synkronik, Track Invaders ou Medeline, la production d'Inspiration guerrière révèle aussi cette ouverture, capable de tailler des brûlots hardcores autant que de glisser sur des pianos souples, à l'image des notes discrètes qui referment l'album sous un slam majestueux (« Ma rue slammée »). De cet alliage tenace de rimes rageuses et de lucidité naît un rap de rue cohérent, alliant égotrips cinglants et introspections touchantes. Un rap qui ne trouvera pas son public que dans la rue. Tant mieux !
C'est ici que le rappeur réussit son pari, amenant le rap de rue au plus haut. Sortant le rap de son ghetto, il reste parfaitement connecté à ses racines. Epaulé par des invités prestigieux comme Diams, Sinik ou Lord Kossity, trois acteurs majeurs du rap français, il ne délaisse d'ailleurs pas ses anciens collègues de Menace Records qu'il invite également. Mise en sons par Synkronik, Track Invaders ou Medeline, la production d'Inspiration guerrière révèle aussi cette ouverture, capable de tailler des brûlots hardcores autant que de glisser sur des pianos souples, à l'image des notes discrètes qui referment l'album sous un slam majestueux (« Ma rue slammée »). De cet alliage tenace de rimes rageuses et de lucidité naît un rap de rue cohérent, alliant égotrips cinglants et introspections touchantes. Un rap qui ne trouvera pas son public que dans la rue. Tant mieux !